🇧🇫 Thomas Sankara et Ibrahim Traoré : deux capitaines, une même flamme pour le Burkina Faso

 Par Sarifa Balora 


"Informer, éveiller, transformer."


Le “Capitaine courage” debout, fier, en position de garde-Ă -vous. Image symbolique d’un prĂ©sident-soldat, prĂŞt Ă  se battre pour son peuple et son continent.


Thomas Sankara : naissance d’un espoir africain


En 1983, Ă  seulement 33 ans, le capitaine Thomas Sankara prend le pouvoir au Burkina Faso, ex-Haute-Volta. Il rebaptise le pays en “Burkina Faso”, le pays des hommes intègres, et incarne une rĂ©volution sociale et politique rare en Afrique.


Il devient l’un des rares dirigeants africains Ă  oser :


dire non Ă  l’impĂ©rialisme

miser sur l’autosuffisance et la dignitĂ©

prĂ´ner une justice sociale profonde


 Une rĂ©volution audacieuse et populaire

En quatre ans, Sankara marque l’histoire par des actions fortes :


RĂ©duction du train de vie de l’État

Lutte contre la corruption

Accès gratuit Ă  l’Ă©ducation et Ă  la santĂ©

Campagnes de reboisement, vaccination, alphabétisation

Valorisation des femmes et interdiction des mutilations sexuelles

Promotion du “consommer burkinabè”

Il refuse l’aide conditionnĂ©e, appelle Ă  l’annulation de la dette africaine et rĂŞve d’une Afrique unie, libre et digne.



Le prĂ©sident du peuple, souriant au milieu de femmes burkinabè. Une scène qui reflète son combat pour l’Ă©mancipation fĂ©minine et la dignitĂ© africaine.


 1987 : la trahison et l’assassinat


Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassinĂ© lors d’un coup d’État, orchestrĂ© par son compagnon de lutte Blaise CompaorĂ©, avec la complicitĂ© de forces Ă©trangères.

Son corps est enterré anonymement, ses idées sont censurées, ses partisans poursuivis.

Mais la flamme Sankariste ne s’Ă©teint pas.


Le monument Ă©rigĂ© en l’honneur de Thomas Sankara : un lieu de mĂ©moire pour un homme tombĂ© trop tĂ´t, mais dont la pensĂ©e continue d’inspirer des gĂ©nĂ©rations.


 De 1987 Ă  2014 : effacement et souffrance

Sous le règne de Blaise Compaoré (27 ans), le pays bascule :

Corruption étendue

Répression des opposants

Privatisation des ressources

Effondrement des idéaux révolutionnaires

Mais le souvenir de Sankara persiste dans la mémoire populaire, chez la jeunesse, dans les quartiers, dans les livres et les graffitis.


 Ibrahim TraorĂ© : l’Ă©cho d’un Sankara au XXIe siècle ?


Le 30 septembre 2022, un autre capitaine entre dans l’histoire : Ibrahim TraorĂ©, 34 ans, prend le pouvoir au nom de la lutte contre le terrorisme, de la rupture avec la soumission Ă©trangère, et de la restauration de la dignitĂ© nationale.

Sa prise de parole, son discours franc, son style militaire et sobre rappellent Ă  beaucoup le jeune Sankara de 1983.

 « Nous avons dĂ©cidĂ© de prendre nos responsabilitĂ©s pour libĂ©rer notre pays. »

Ibrahim Traoré, octobre 2022


Ibrahim TraorĂ©, jeune capitaine devenu chef de l’État, dans une posture calme mais dĂ©terminĂ©e. Ă€ ses cĂ´tĂ©s, le drapeau burkinabè : symbole de continuitĂ© historique.


 Comparaison ou continuitĂ© ?

Traoré reprend certains engagements sankaristes :


Récupération des terres, lutte contre les intérêts étrangers

PrioritĂ© Ă  la jeunesse et Ă  l’armĂ©e nationale

Discours panafricain fort et dénonciation du néocolonialisme

Refus d’ĂŞtre dirigĂ© par des puissances extĂ©rieures


Mais le contexte est différent :

Le Burkina Faso est aujourd’hui plongĂ© dans une guerre contre le terrorisme.


 Un dĂ©fi immense, mais une espĂ©rance ouverte

Certains le surnomment dĂ©jĂ  “Sankara 2.0”, mais le peuple reste vigilant.

L’attente est grande. La route est longue.

Le Burkina Faso n’a pas besoin d’un hĂ©ros de plus, mais d’un homme d’action, de vĂ©ritĂ©, de cohĂ©rence.

Le Sankarisme ne doit pas être un décor. Il doit être un engagement, un combat, une reconstruction.



Un homme brandit un tissu imprimĂ© de l’image de Sankara, sur lequel on peut lire : “Malheur Ă  ceux qui bâillonnent leur peuple.” Une citation qui rĂ©sonne toujours, entre passĂ© et prĂ©sent.


VidĂ©o Ă  dĂ©couvrir: l'histoir extraordinaire de Thomas Sankara 


  

 RĂ©digĂ© par Sarifa Balora – pour Power Digital Center Blog


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